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Depuis six ans, le gouvernement a adopté plusieurs décrets pour autoriser
l’identification automatique et massive des manifestants. Cette autorisation s’est
passée de tout débat démocratique. Elle résulte de la combinaison insidieuse de trois
dispositifs : le fichier TAJ (traitement des antécédents judiciaires), le fichier TES
(titres électroniques sécurisés) et la loi renseignement.
L’hypocrisie du gouvernement est totale lorsqu’il prétend aujourd’hui ouvrir un
débat démocratique sur la reconnaissance faciale : il en a visiblement tiré les
conclusions depuis longtemps, qu’il nous impose déjà sans même nous en avoir
clairement informés.
Nous venons de lui demander formellement d’abroger ce système et l’attaquerons
devant le Conseil d’État s’il le refuse.Pour bien comprendre le montage juridique qui autorise le fichage massif des
manifestants, il faut retracer l’évolution historique de ses trois composantes – le fichier
TAJ (I), le fichier TES (II) et la loi renseignement (III) – puis en interroger les
conséquences concrètes (IV).